D’après un sondage BVA, 44 % des Français déclarent souffrir d’isolement.

Chez les seniors, ce sentiment de solitude est encore plus fort. Avec pour conséquences des effets néfastes sur le corps et l’esprit, cette situation fragilise nos aînés.

Zoom sur une détresse qui prend de l’ampleur avec l’arrivée massive des baby-boomers dans le grand âge.

Les chiffres de la solitude chez les seniors

D’après une étude des Petits Frères des Pauvres, 4,6 millions des plus de 60 ans souffrent de solitude, quand 6 % sont isolés des réseaux familiaux et sociaux.

Parmi eux, 300 000 personnes sont considérées en état de « mort sociale », c’est-à-dire privées de contacts réguliers avec les cercles de sociabilité (famille, amis, voisins, milieu associatif).

Cette solitude se développe avec l’âge. À partir de 85 ans, les relations avec l’extérieur deviennent rares et 10 % des 85-89 ans ne sortent pas plus d’une fois par semaine.

La crise du Covid-19 a renforcé cette situation. Chez les plus de 60 ans, 41 % ont vu leur santé mentale se dégrader, 32 % ont souffert de la solitude et 15 % sont restés enfermés chez eux. Durant le confinement, 720 000 personnes n’ont eu aucun contact familial et 650 000 n’ont eu personne à qui se confier.

Les causes principales de la solitude chez les seniors

solitude senior

Les effets du vieillissement

Le vieillissement produit des effets sur notre corps. La vue baisse, l’acuité auditive diminue, la mémoire disparaît, etc. Dès lors, prendre part à une discussion familiale ou à un repas avec le voisinage peut relever du défi.

À cela s’ajoute souvent une perte d’autonomie. Sortir seul devient compliqué. Résultat : la peur d’être un poids pour les autres amène nos aînés à se retirer progressivement de toute vie sociale.

Le deuil du conjoint

Le vieillissement s’accompagne aussi d’un risque accru de déclarer une maladie incurable (et donc de décéder). Mais, comme on l’entend souvent dire : le plus dur c’est pour ceux qui restent.

En effet, au long processus de deuil du conjoint s’ajoute le danger de voir se développer un sentiment de solitude. Organisation du quotidien, activités communes ou projets de retraite : celui qui survit est contraint de tout repenser avec l’absence de l’autre.

Nous ne sommes pas égaux face à cette solitude. On le sait : l’espérance de vie des femmes est plus élevée que celle des hommes. Or, les femmes âgées d’aujourd’hui sont issues d’une époque où le mari tenait le premier rôle.

Peu d’entre elles ont eu accès à une profession indépendante et toutes ne passaient pas le permis. Suite au décès du conjoint, souvent élément moteur du couple, elles sont nombreuses à cesser toute activité et à sombrer dans la solitude.

Les liens sociaux fragilisés

La famille connaît une crise de filiation. Auparavant, les personnes âgées étaient perçues comme la source d’un précieux savoir.

Aujourd’hui, et notamment suite à la révolution numérique, le fossé ne cesse de se creuser. La transmission des aînés vers les plus jeunes est grippée. Le dialogue devient difficile. Les relations familiales décevantes peuvent alors entraîner un sentiment de solitude.

La fin de la vie active peut également créer une véritable rupture avec le monde extérieur. Les amitiés professionnelles ne résistent pas toujours au temps. Les échanges quotidiens avec les collègues et l’impression d’avoir sa place dans la société s’évanouissent.

Peuvent s’ajouter à cela les amis et voisins qui déménagent ou disparaissent, et, avec eux, les liens sociaux qui permettaient de rester dans un certain dynamisme.

L’exclusion numérique

Toujours selon l’étude menée par les Petits Frères des Pauvres, 27 % des personnes de plus de soixante ans subissent l’exclusion numérique, soit environ quatre millions de Françaises et Français.

De plus en plus étrangers aux démarches administratives en ligne, c’est un véritable sentiment de laissés-pour-compte qui se développe chez les seniors.

De plus, avec l’explosion des réseaux sociaux, les plus âgés se retrouvent mis à l’écart des conversations familiales virtuelles.

Les conséquences de la solitude chez les seniors

maintient domicile

Les conséquences physiques et mentales

En diminuant les stimulations cognitives et corporelles, l’isolement accélère le vieillissement et provoque un risque de mortalité prématurée.

La liste des conséquences physiques et mentales est longue :

  • hypertension
  • troubles du sommeil
  • dégradation du système immunitaire
  • perte de mémoire
  • augmentation du stress
  • sentiment de mal-être
  • dépression
  • anxiété profonde
  • etc.

La maltraitance

À domicile ou en institution, le risque de maltraitance s’accroît avec l’isolement. Par manque de temps ou par négligence, les soins peuvent être délaissés (oubli de repas, mauvais traitements, etc.). Une personne âgée seule manquera de ressources pour se défendre.

Les pensées suicidaires

Les pensées suicidaires (voire le passage à l’acte) font partie des conséquences les plus dramatiques de la solitude chez les seniors. Statistiquement, les personnes âgées se situent dans la tranche d’âge où les individus sont le plus à même d’attenter à leur vie. Solitude et détresse psychologique sont des facteurs déterminants dans le désir de se suicider.

Comment prévenir au mieux la solitude chez les seniors ?

solitude chez les seniors

Pratiquer une activité physique en groupe

Une activité physique régulière permet de préserver sa santé et de retarder la perte d’autonomie. Diminution du risque de maladies cardio-vasculaires, baisse du cholestérol, bien-être émotionnel, etc. : les multiples bénéfices du sport ne sont plus à prouver.

Pratiqué en groupe, il crée un contexte favorable à de nouvelles rencontres. Marche, yoga ou encore gym douce, de nombreuses disciplines adaptées aux seniors peuvent être partagées.

Rester virtuellement proche des siens

Lorsque la présence physique de ses proches est impossible, les outils modernes permettent de rester en contact virtuellement. Tablette pour senior, smartphone senior ou ordinateur, tous proposent maintenant une gamme adaptée aux attentes des seniors.

Renouer avec l’apprentissage

Apprendre en groupe notamment dans les domaines informatiques est une des meilleures façons de rompre la solitude. Cela permet d’élargir son cercle amical, tout en devenant un utilisateur averti des moyens de communication modernes.

On note que de nombreuses universités proposent également des cours ouverts à tous (sous l’appellation Universités du Temps Libre ou Universités Tous Âges).

Cela représente une occasion de parfaire ses connaissances tout en entretenant ses capacités cognitives.

S’inscrire dans des clubs de loisirs pour seniors

C’est un concept qui rencontre un franc succès. Les clubs de loisirs pour seniors permettent tout à la fois de se rassembler autour d’activités diverses et de tisser des liens réguliers. Partie de scrabble, échecs, atelier cuisine, loisirs créatifs ou cours de yoga, les propositions se multiplient !

Choisir son lieu d’habitation

Résidences seniors ou logements intergénérationnels proposent aujourd’hui des lieux d’habitation collectifs.

Tout en préservant une certaine indépendance, ils mettent à disposition des espaces communs et permettent de se sentir entouré. Entre seniors ou avec des plus jeunes, il ne reste plus qu’à choisir son voisinage !

Et pourquoi ne pas s’inscrire sur un site de rencontres ?

Face à la demande de seniors tentés par l’aventure, mais réticents à s’inscrire sur des sites de rencontres généralistes, des offres spécialisées ont vu le jour. Ici, seuls les plus âgés ont leur entrée. Rassurants, sécurisés et simples d’utilisation, c’est l’occasion de faire de nouvelles rencontres amicales… et plus si affinités !

La solitude chez les seniors est un véritable enjeu de santé publique. Avec des conséquences multiples et souvent dramatiques, elle se doit d’être ardemment combattue. Pour cela, de nombreux leviers d’action existent. Plus aucune excuse donc pour ne pas veiller sur ses proches !