L’avènement du COVID-19 a profondément impacté le monde en changeant les habitudes de tous. Les personnes âgées ne font pas exception à cette réalité. On peut même dire qu’elles sont les plus impactées dans le cadre de la mise en œuvre des gestes barrières et du confinement.

Comment les personnes âgées vivent-elles le confinement ? C’est l’une des questions auxquelles répond cette étude menée par le CSA Research avec le soutien financier de la Fondation des Petits Frères des Pauvres et de la CNAV.

En nous inspirant de cette étude, nous allons exposer les changements significatifs qui sont intervenus dans la vie des personnes âgées durant les confinements successifs.

Solitude et isolement relationnel des personnes âgées

Le confinement a créé de profondes mutations dans les relations avec les personnes âgées se caractérisant par une forte solitude et un isolement des seniors. Durant le confinement, ils ont été obligés d’éviter tout contact même avec les membres de leur famille.

De même, toutes ces activités qui structurent le quotidien et créent du lien comme participer à des activités de loisirs, pratiquer une activité physique, faire du bénévolat ou encore participer à des activités à caractère social se sont réduites.

Avant la crise et même aux premières heures de la pandémie, des personnes de bonne volonté et associations avaient pour habitude d’apporter aux personnes âgées de l’aide de sorte à rendre leur quotidien plus agréable. Avec le confinement et les gestes barrières, ces actions de solidarité sont aussi devenues rares. Cet état de choses n’est pas de nature à participer au bien-être des séniors.

Une étude révèle que plus de 3,3 millions de personnes de 60 ans et plus n’ont eu aucun contact avec leurs voisins. De plus, 70% des personnes âgées n’ont eu aucun lien avec des membres d’une association pendant le confinement contre 48% en temps normal.

Plus de 2,3 millions de personnes soit 13% des 60 ans et plus se sentent seules tous les jours ou presque. Cette solitude a frappé tout particulièrement les 85 ans et plus. La solitude est plus exacerbée pour les personnes confinées seules, qui n’ont personne à qui se confier, qui sont confinées dans un logement sans extérieur et qui ont besoin d’aide et de moyens de subsistance.

L’isolement des personnes âgées s’explique par une application stricte des mesures liées au confinement. Toujours selon cette étude, 42% des 85 ans-89 ans n’ont fait aucune sortie depuis le début de la mise en œuvre de ces mesures.

Cette solitude conduit à une dégradation de la santé des personnes âgées. C’est pour en réduire les effets pervers que plusieurs organismes ont développé des programmes pour soutenir les familles et les personnes âgées. Voici par exemple une offre de téléassistance pour personnes âgées.

Souffrance psychique et physique des personnes âgées

Durant le confinement, quatre situations contribuent à la souffrance psychique de la personne âgée : la solitude, l’ennui, le sentiment d’inutilité et d’impuissance, ainsi que la peur de la contamination qui renvoie à la peur de la mort.

En respectant les mesures de confinement et en ne sortant jamais de leur domicile, la santé physique et psychique des personnes âgées s’est malheureusement dégradée pour beaucoup.

Le confinement a eu un impact plus important sur la santé morale des personnes âgées. 41% des Français de 60 ans et plus ont constaté un impact négatif sur leur moral, un impact plus fort pour les moins de 75 ans, qui sont en général très mobiles, et pour les 85 ans et plus qui ont vu leur quotidien bouleversé brutalement.

Vous pouvez consulter le rapport traitant des effets du confinement sur les personnes âgées pour avoir des informations détaillées sur cette étude.

Fort regain de solidarité à l’égard des personnes âgées

Avant le confinement, certains seniors avaient l’habitude de se déplacer pour satisfaire leurs besoins. Mais, comme nous venons de le voir, le confinement a réduit fortement la mobilité des personnes âgées. Pourtant, les sorties leur sont essentielles pour des raisons physiques et psychologiques. Ils n’ont donc pas très bien vécu ces restrictions. C’est certainement pour remédier à cela, qu’on a assisté à un fort élan de solidarité à l’endroit des personnes âgées.

Environ 2 millions de personnes de 60 ans et plus ont eu besoin d’aide durant le confinement. La solidarité s’est davantage déployée vers les plus de 80 ans ainsi que les personnes seules aux revenus modestes considérées comme la couche la plus fragile de la population. L’aide a été apportée par la famille, les voisins, les services sociaux de proximité et les amis. Cette générosité depuis le début du confinement a d’ailleurs été confirmée par 69% des 60 ans et plus.

Cas des personnes vivant en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD)
Les personnes âgées vivant dans les EHPADs sont confinées individuellement dans leur chambre, privées d’activités collectives et surtout de visites de leurs proches. Cela s’explique par les mesures gouvernementales qui visent à renforcer le confinement en isolant tous les résidents en chambre individuelle. Un coup dur pour le quotidien de ces personnes âgées isolées et coupées du monde extérieur.

Les ateliers collectifs qui étaient organisés dans les EHPADs ont été remplacés par des activités individualisées en raison du confinement. Ces ateliers permettent d’assurer un temps d’animation et de stimulation physique et cognitive à chacun des résidents des EHPADs afin de prévenir les risques de diminution des capacités de ces derniers.

Pendant le confinement, le plus important est de s’adapter à la personnalité et au bien-être de tous les pensionnaires. Par exemple, certains pensionnaires n’éprouvent pas forcément le besoin de sortir tandis que d’autres présentant des pathologies psychiatriques, des démences de type Alzheimer ou d’autres maladies neuro-évolutives, ne comprennent pas bien les mesures. Ces derniers sont donc les plus susceptibles d’être affectés par les mesures de restriction.

En définitive, le confinement n’a pas vraiment été bénéfique pour cette frange de la société. Au contraire ! La condition des personnes âgées s’est empirée et ce n’est pas prêt de changer avec la multiplication des cas de COVID-19 et les nouvelles mesures prises par le Gouvernement.