Une personne en fin de vie bénéficie généralement d’une grande attention de la part de l’équipe médicale qui vise à apaiser sa douleur par tous les moyens disponibles, à travers des soins infirmiers, soins de décubitus, administration d’antalgiques, rééducation.

Cependant leur souffrance psychique se retrouve souvent négligée. On a tendance à négliger leur santé mentale en se concentrant souvent uniquement sur le physique.

Cependant, on ne peut soulager le corps quand l’âme est souffrante. De ce fait, il est indispensable de prendre en compte la personne dans toutes ses dimensions, ainsi que son entourage.

Il faut alors lui consacrer du temps, l’écouter, la conforter et créer un lien de confiance lui permettant de se sentir encore une fois un être complet.

On ne peut donc parler de soins palliatifs sans parler d’accompagnement de fin de vie. Dans cet article, nous allons faire un zoom sur celui-ci, ainsi que la nécessité de faire appel à des accompagnateurs de personnes en fin de vie.

Qu’est-ce que l’accompagnement en fin de vie ?

L’accompagnement à la fin de vie représente un pilier majeur dans le cadre de la prise en charge d’une personne malade en phase terminale, notamment chez une personne âgée en soins palliatifs.

Il s’agit d’un processus complexe et multidisciplinaire impliquant le professionnel de santé, la famille, les amis et bénévoles, visant principalement à réduire et alléger la souffrance de ces personnes, en dépit de leur âge, diagnostic ou situation sociale.

Accompagner une personne en fin de vie représente donc un engagement citoyen, humanitaire et altruiste, qui a pour objectif d’aider cette personne à surmonter les difficultés d’une telle phase et de trouver la mort avec la dignité qui lui est due, en lui fournissant tout le soutien dont elle a besoin, qu’il soit de nature physique, morale, matérielle ou spirituelle.

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Il est à noter que le rôle des accompagnants ne se limite pas uniquement aux personnes malades, mais il s’étend également à leurs familles et proches dont la qualité de vie a été altérée.

Il faut être conscient de l’effet tant physique que psychologique que peut avoir l’annonce d’un diagnostic grave et la survenue possible du décès d’un proche sur son entourage, d’où l’importance de présenter un soutien émotionnel, social et financier, afin de faire face à cette période difficile et de se préparer à un éventuel deuil.

Pourquoi accompagner quelqu’un en fin de vie ?

Dans un bon nombre de cas, l’état de santé précaire et la menace de mort imminente ne représentent pas les seuls obstacles auxquels les personnes âgées en fin de vie doivent faire face. En effet, plusieurs d’entre elles subissent un état de « mort sociale » bien avant leur mort physique.

Cette notion de mort sociale décrit un isolement quasi total des personnes de plus de 60 ans et leur exclusion des cercles familiaux et amicaux, les condamnant ainsi à une fin de vie pénible et solitaire.

Selon une étude réalisée par CSA/Petits Frères des pauvres en septembre 2021, 530 000 Français âgés de 60 ans et plus se trouvent en situation de mort sociale.

Ils sont pourtant bien en vie, ressentent la douleur, la peur et la solitude. Ils ont besoin d’être entendus et compris, de partager, de discuter ou peut-être juste de se distraire.

C’est pourquoi la finalité ultime de cette branche de soins palliatifs est d’accompagner jusqu’à la mort, d’épauler et d’apporter de l’aide affective et émotionnelle à ces personnes jusqu’à leurs derniers moments.

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C’est donc ici que le rôle d’accompagnateur prend toute son importance. Il joue un rôle de médiateur entre le patient, la famille et l’équipe médicale. Il permet aux proches un moment de répit, de les soutenir. Il permet surtout au malade de vivre une fin de vie moins pénible.

Actuellement, la population est en train de vieillir et de plus en plus de personnes âgées se retrouvent abandonnées, condamnées à une mort solitaire.

Il existe déjà plusieurs associations et organisations qui veillent à combattre ce fléau, mais leurs effectifs sont loin d’être suffisants. Ces associations recrutent est ont besoin, maintenant plus que jamais, de bénévoles loyaux et dévoués.

Comment accompagner une personne en fin de vie ?

Devenir accompagnateur de personnes en fin de vie, que ce soit en tant que proche ou en tant que bénévole, c’est d’abord s’engager à consacrer son temps et sa patience à des personnes qui en dépendent.

C’est d’être présent, attentif et serviable, mais c’est aussi d’acquérir les compétences théoriques et pratiques nécessaires pour assurer une bonne qualité de soins. C’est là où interviennent les formations.

En effet, des formations pratiques et théoriques sont mises à la disposition de tout acteur souhaitant devenir accompagnateur, que ce soit au sein d’une organisation ou à titre externe, lui permettant d’assurer au mieux ses fonctions.

À domicile ou en institution, ces formations se déroulent en deux phases. En effet, il y a d’abord une formation initiale qui vise à inculquer aux nouveaux bénévoles les concepts de base de l’accompagnement en fin de vie, afin de mieux comprendre les besoins du malade et de pouvoir y répondre.

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Ensuite, après validation des acquis de la première formation, il y a également une deuxième formation continue s’adressant aux bénévoles déjà en activité, afin de leur donner plus d’outils pour aider les patients en fin de vie.

Le bénévole d’accompagnement peut intervenir à domicile, dans les hôpitaux ou au sein d’autres institutions. Il collabore avec le professionnel de santé, l’entourage du malade et d’autres partenaires pour assurer une bonne compréhension des besoins du malade.

Conclusion

L’accompagnement d’une personne en fin de vie et de son entourage fait partie intégrante de la prise en charge d’un patient en soins palliatifs.

Il doit figurer haut sur la liste des priorités de tout le personnel soignant. Famille et bénévoles doivent être adéquatement formés et préparés à entourer et accompagner le patient depuis l’annonce du diagnostic jusqu’aux derniers moments, car il est temps de réaliser que la santé mentale est tout aussi importante que la santé physique, et que la souffrance psychique n’en est pas moins douloureuse.