Si l’été 2004 n’a pas été caniculaire , les petits frères des Pauvres étaient prêts…, mais la question de fond reste posée : Quelle place accordons-nous aux personnes âgées les plus fragiles et isolées ?
Beaucoup de personnes craignaient, d’autres restaient indifférentes. Le gouvernement, après avoir analysé les événements de l’été 2003, a mis en place un vaste dispositif coordonné tant au plan national que local. De nombreuses associations de solidarité, riches de bénévoles, ont signé des conventions avec l’administration pour faciliter les coopérations en cas de crise climatique.
Nos équipes de bénévoles ont été préparées, formées, se sont coordonnées avec les municipalités et les préfectures, dans un souci de service auprès des personnes les plus vulnérables. Des personnes âgées et handicapées se sont « enregistrées » sur les listes municipales établies à cet effet. Nous disposons donc ainsi, avec le dispositif mis en place, d’un premier recensement « libre » de la vulnérabilité en France, dont il serait dommage de ne pas tirer profit, ne serait-ce qu’en terme de prévention et d’anticipation pour l’été 2005.
Au cours de l’été 2004, les petits frères des Pauvres ont permis à 3 000 personnes âgées vulnérables et isolées de prendre un temps de vacances. La mise en place le 1° juillet 2004 d’un numéro AZUR National, a mobilisé 50 bénévoles écoutants, spécialement formés à cette action.
L’Europe vieillit, c’est un fait établi ! mais au plan européen, quel dialogue engageons-nous avec les personnes âgées pour leur permettre d’être pleinement citoyenne !
Il ne faut plus regarder les personnes âgées comme des personnes qui « coûtent » et pèsent sur les budgets des Etats. Il est temps de regarder positivement ce phénomène de société, de l’orienter pour alimenter et accroître la cohésion sociale et la créativité entre les générations. Les petits frères des Pauvres en Europe lancent un appel en faveur de nouvelles formes de fraternité envers les personnes âgées les plus vulnérables :
- Nouer de nouvelles relations de fraternité avec les aînés vulnérables.
- Développer le respect dû aux personnes âgées.
- Stimuler un « vieillissement actif » pour tous.
- Favoriser l’adaptation des politiques publiques nationales.
- Affirmer le pilotage européen des politiques du vieillissement.
(texte complet de l’appel sur le site www.petitsfreres.asso.fr)
Le plan BORLOO, en France : les petits frères des Pauvres constatent que la précarité des personnes âgées a été oubliée, mais veulent y contribuer en participant au projet des maisons relais.
Ce plan gouvernemental comme les travaux de la Conférence Nationale du 6 juillet 2004 sur la pauvreté montrent qu’un nouvel élan est nécessaire et possible pour lutter contre pauvreté et marginalisation.
Nous constatons que peu de mesures concernent les personnes qui basculent dès l’âge de
50 ans dans la grande précarité (isolement et sans domicile). La politique européenne peine à se concrétiser en France. Le débat politique sur les nécessaires aménagements entre fin de vie professionnelle et retraite progressive n’a pas été ouvert en France.
Le projet de « maisons relais » a retenu l’attention des petits frères des Pauvres, comme une opportunité d’offrir à des personnes déjà marginalisées de retrouver une place, un habitat, voire une « famille » d’accueil, dans une unité de vie à taille humaine. Nous proposerons ainsi un programme de plusieurs nouvelles « maisons relais » dans différentes grandes villes, en lien avec les équipes de bénévoles de terrain et complétant celles déjà réalisées.