Les baby-boomers, une génération qui va changer le regard sur la vieillesse

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« Longévité
et qualité de vie : des armes pour « vieillir jeune » »
C’est irritant qu’un Forum se tienne sur « Vieillir jeune »….
Si je comprends le paradoxe de l’argument accrocheur du titre, cela m’agace
! « 1 500 places sont offertes au grand public pour lui donner accès
aux dernières formidables avancées de la science et fournir aux
participants de nouvelles armes pour « vieillir jeune». Quel malaise
bien que : « la volonté des organisateurs est d’aborder le
thème de la longévité de manière préventive
et positive. ». Nous savons, nous les baby-boomers qui sommes bombardés
de conseils en tout genre qui nous expliquent comment rester physiquement psychologiquement
socialement jeunes ! La véritable question n’est pas là :
qu’est-ce qui à l’intérieur des êtres demeure
effectivement jeune et continue de grandir et s’épanouir jusqu’au
bout ?
La réponse se trouve dans
le dernier livre de Marie de Hennezel, La chaleur du cœur empêche
nos corps de rouiller (Éd. Robert Laffont), « Comment vieillir
heureux ? » demande-t-elle, et pas seulement pour soi : les habitants
de l’île d’Okinawa disent que les centenaires sont des porte-bonheur
pour toute la société... Et puis, beaucoup de gens, quand ils
dépassent 60, 70, 80, ou même 90 ans, disent continuer à
avoir un âge bien différent à l’intérieur d’eux-mêmes.
Lors des entretiens de sélection
pour le Master AGIS, les étudiants évoquent tous leurs grands
parents, les premiers vieux de notre vie dont chacun garde un souvenir délicieux
Paradoxalement à cette évocation, pour quelle(s) raison(s) la
vieillesse prend elle le sens de décrépitude à cacher à
tout prix ? Vieillir est devenu tabou, le mot fait peur parce qu’assimilé
à la maladie d’Alzheimer, à la dépendance. Lorsque
notre société évoque le grand âge, la plupart du
temps il s’agira d’un problème dramatique (maladies, prises
en charge, perte de mémoire, régression, gâtisme, sénilité...).
Or, la réalité n’est absolument pas celle-là : l’écrasante
majorité des personnes de plus de soixante-quinze ans se porte bien (5%
seulement sont atteintes de la maladie d’Alzheimer) et seule une infime
minorité va si mal qu’il faut la prendre en charge totalement.
Cette manipulation n’a pas
de rapport avec la vieillesse : à n’importe quel âge, vous
avez un certain pourcentage d’assistés obligatoires et de handicapés
physiques ou mentaux. Seulement, si un jeune accidenté, nécessitant
beaucoup de soins, « passe bien médiatiquement », un vieux
réclamant exactement la même attention rejoint illico, dans notre
subconscient collectif, le camp des débris humains ! Cette vision pervertie
de la vieillesse, insidieusement infiltrée dans notre vision du monde,
s’avère truffée d’idées fausses et de rumeurs
non fondées que de plus en plus de chercheurs dénoncent. Il apparaît
que, pour celui qui sait se donner à la vie avec passion (le problème
est là), les vieux jours ne seront pas du tout aussi tragiques que ce
qu’en disent les médias et les spécialistes, obnubilés
par les cas pathologiques que leurs professions les amènent à
fréquenter quotidiennement. Il s’agit de réaffirmer, contre
le “jeunisme” ambiant, l’importance cruciale du rôle
des seniors dans toute communauté harmonieuse. C’est vital pour
l’Occident quand les premiers baby-boomers, nés en 1945 ont franchi
le seuil des 60 ans. Redevenir sereinement fier d’être vieux tel
est le défi de la génération « baby- boomers ».
De tout temps, les anciens ont représenté
la sagesse, l’indulgence, la stabilité, la mémoire, l’enracinement,
la gratuité, le désintéressement, l’introduction
au sacré... « Valeurs et force que nul autre que les anciens ne
peut aussi bien représenter. Comme le rappelle avec malice le Pr Roger
Gil, chef du service de neurologie du CHU de Poitiers : « Interrogé
par le tyran Pisistrate, qui lui demandait ce qui lui donnait la force de lui
résister si crânement, le sage Solon répondit : “La
vieillesse !” »
Une civilisation dont les vieux ont
honte véhicule de l’angoisse de la peur : c’est une civilisation
morte. Les jeunes recherchent des adultes compréhensifs, accueillants,
en bonne santé et éventuellement capables de danser le Rock, mais
certainement pas de faux jeunes qui leur feraient plutôt pitié.
Notre société vit des changements importants : Vivre une longue
jeunesse, on le sait, est une invention récente. Vivre une longue vieillesse,
cela ne s’était jamais vu parce que c’était tout bonnement
impossible. « Sur ces âges fraîchement conquis, tout est à
inventer... « Je pense, écrit Betty Friedan, qu’il est temps
de rechercher les moyens de mener une vieillesse épanouie à la
lumière de notre propre expérience, de celle de femmes et d’hommes
de soixante ans et plus qui ont dépassé ce refus et atteint une
nouvelle vie. Il est temps de considérer la vieillesse telle qu’elle
est, de mettre un nom sur ses valeurs et ses forces réelles, de ne plus
voir en elle une détérioration ou un déclin. Il ne s’agit
pas de savoir comment rester éternellement jeune. Il faut surtout avoir
le courage de briser le cocon d’une jeunesse illusoire, de courir le risque
d’accéder à un nouveau stade de l’existence, sans
modèle à suivre, sans poteau indicateur, sans règle rigide
ni récompense visible, de pénétrer dans l’inconnu
existentiel de ces nouvelles années de vie qui sont à présent
offertes et d’en profiter au mieux. »
Philippe Hofman, psychologue consultant
des caisses de retraite françaises et auteur optimiste d’Une nouvelle
vie pour les seniors : « L’adage qu’on vieillit comme on a
vécu” reste puissant. Ceux qui avaient au préalable une
existence élargie, semée de rencontres, de découvertes,
de liens affectifs, d’intérêts intellectuels, de stimulations
corporelles et d’engagements, sont certes mieux équipés.
Néanmoins, les seniors (créatifs) novices sont tout aussi enclins
à découvrir et à goûter leur nouvelle vie. À
la différence des initiés, ils seront contraints à l’effort
pour se prendre en main et enrichir leur existence. Le projet est colossal et
personne ne le guidera vraiment, c’est une affaire personnelle. Changer
est une épreuve qui réveille les peurs d’enfant : peur de
s’exprimer, de son corps, des autres, de l’inconnu, du vide, de
la mort... Pourtant, remis en scène dans le théâtre de la
vie, les plus craintifs se libèrent. » (Éd. Albin Michel.).
Jean-Louis Servan-Schreiber insiste
particulièrement : « sur cette responsabilité de l’individu
et sur la nécessité où chacun de nous va se trouver de
« créer sa vie » beaucoup plus tard que prévu : «
Il ne s’agit pas de rester jeune, prétention dérisoire,
mais de rester vivant ! Quel que soit leur âge, il y a les vivants et
les moins vivants ! Être vivant, c’est être curieux, mobile,
intéressé, dynamique ; c’est avoir de l’empathie,
une présence ; c’est garder la capacité de faire rire les
autres... Tout ce qui va dans ce sens nous fait du bien, à nous et aux
autres. Même si notre aspect se délabre, nous pouvons garder l’œil
vif ! Ainsi, de plus en plus, s’affirme le modèle de l’homme
ou de la femme âgés et actifs. Voyez Robert Redford, Clint Eastwood,...
ou Line Renaud, Jeanne Moreau, Lauren Bacall, Sophia Loren... Ces femmes-là
ont une vraie séduction et une personnalité étoffée.
Pourquoi ? Précisément parce qu’elles ont échappé
au ridicule. Elles n’ont pas cherché à être jeunes.
Mais à être gaies, présentes, intéressantes ! ».
Vieillir est une chance ! Afin de
bien vieillir heureux et sereins utilisons tous les moyens dont nous pouvons
disposer. La vieillesse est aussi un grand temps de liberté.
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Source : http://www.netissage.net
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