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Par Isabelle Robert-Bobée,
Insee
En 2050, la France métropolitaine
compterait entre 61 et 79 millions d’habitants selon les hypothèses
de fécondité, de mortalité et de migrations retenues.
D’après le
scénario central, qui suppose la poursuite des tendances démographiques
récentes, la France métropolitaine compterait 70 millions d’habitants
en 2050, soit 9,3 millions de plus qu’en 2005. La population augmenterait
sur toute la période projetée, mais à un rythme de moins
en moins rapide. La population vieillissant, le nombre de décès
augmente fortement et dépasserait vers 2045 le nombre des naissances.
Le solde migratoire de 100 000 entrées nettes par an introduit en projection
compenserait ce déficit naturel, permettant ainsi la croissance démographique.
En 2050, près d’un habitant sur trois aurait plus de 60 ans, contre
un sur cinq en 2005.
Les proportions de jeunes
et de personnes d’âges actifs diminueraient. Au 1er janvier 2050,
la France compterait alors sept habitants âgés de 60 ans ou plus
pour dix habitants de 20 à 59 ans. Ce ratio aurait presque doublé
en 45 ans.
Ces résultats sont
sensibles aux hypothèses retenues, mais aucun scénario ne remet
en cause le vieillissement de la population métropolitaine d’ici
2050. Il resterait toutefois moins marqué que celui de la plupart des
pays européens.
Les projections de la population
de la France métropolitaine établies en 2006 par l’Insee
simulent chaque année, selon la méthode dite des composantes (cf.
encadré 1), le nombre d’hommes et de femmes de chaque âge
sur la base d’hypothèses relatives à l’évolution
des trois composantes des variations de population que sont la fécondité,
la mortalité et les
migrations : d’une année à l’autre, la population
évolue en fonction des décès, des naissances et des mouvements
migratoires (entrées et sorties du territoire). Les projections couvrent
la période du 1er janvier 2005 au 1er janvier 2050.
Pour chaque composante
du mouvement de la population, trois hypothèses ont été
retenues : une hypothèse centrale, qui prolonge les tendances passées,
une hypothèse haute et une hypothèse basse.
Trois hypothèses
de fécondité : 1,7 ; 1,9 ou 2,1 enfants par femme
Le nombre de naissances
est projeté chaque année en appliquant à la population
féminine en âge de procréer (c’est-à-dire dont
l’âge atteint dans l’année est compris entre 15 à
50 ans) des taux annuels de fécondité par âge (1). Les hypothèses
sont formulées sur ces taux ou plus précisément sur l’indice
conjoncturel de fécondité (ICF). Cet indicateur est la somme des
taux
de fécondité par âge pour une année donnée.
Il représente le nombre moyen d’enfants par femme qu’aurait
une génération fi ctive de femmes ayant pendant toute leur période
féconde les conditions de fécondité par âge observée
cette année-là. L’âge moyen à la maternité
calculé à partir des taux de fécondité par âge
une année donnée représente l’âge moyen auquel
cette
génération fi ctive de femmes donne naissance à ses enfants,
tous rangs de naissance confondus.
’hypothèse
centrale (cf. encadré 2) retient un indicateur conjoncturel de fécondité
de 1,9 enfant par femme pendant toute la période projetée (cf.
graphique I). C’est le niveau moyen observé entre les années
2000 et 2005. L’âge moyen à la maternité est supposé
croître au même rythme que par le passé (tendance 1999-2005),
pour atteindre un maximum de 30 ans en 2010. Les taux projetés demeurent
constants ensuite.
L’hypothèse
centrale de fécondité suppose un maintien de l’indicateur
conjoncturel de fécondité à 1,9 enfant par femme et un
plafonnement (rapidement atteint) de l’âge à la maternité
: l’hypothèse centrale revient donc à supposer que la descendance
fi nale des1femmes (nombre moyen d’enfants mis au monde par les femmes
nées une année donnée) diminue progressivement
jusqu’à 1,9 enfant par femme (niveau projeté pour les femmes
nées après 1990). Mais pour ces générations, les
résultats sont incertains, puisqu’une grande partie de leur vie
féconde (voire la totalité) est projetée. Actuellement,
la descendance fi nale des femmes qui ont presque achevé leur vie féconde
(générations 1964-1965) est de 2,05 enfants par femme.
L’hypothèse
de fécondité haute suppose une hausse régulière
de la fécondité (cf. graphique I). L’indice conjoncturel
passerait alors à 2,1 enfants par femme en 2010 et se maintien drait
à ce niveau ensuite. Ce niveau global de fécondité correspond
à peu de chose près au seuil de remplacement des générations
(actuellement de 2,07 enfants par femme). L’âge moyen à la
maternité évolue de la même façon que sous l’hypothèse
centrale. Les différences entre variantes de fécondité
et hypothèse centrale
s’interprètent alors aisément : l’hypothèse
haute de fécondité conduit à un nombre annuel de naissances
plus élevé et donc à une population plus nombreuse et plus
jeune.
’hypothèse
de fécondité basse suppose à l’inverse une baisse
régulière de la fécondité (cf. graphique I). L’indice
conjoncturel passerait alors à 1,7 enfant par femme en 2010 et se maintiendrait
à ce niveau ensuite. Ce serait le niveau le plus bas observé en
France depuis 1930 (1,66 enfant par femme en 1993 et 1994) mais aussi le symétrique
du niveau retenu pour l’hypothèse haute (les variantes de fécondité
fl uctuent de plus ou moins 0,2 enfant par femme par rapport à l’hypothèse
centrale). L’âge moyen à la maternité évolue
de la même façon que sous l’hypothèse centrale. L’hypothèse
basse de fécondité conduit à un nombre annuel de naissances
plus bas et donc à une population moins nombreuse et plus âgée
que l’hypothèse centrale.
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