Le
pays n’en finit pas de se préoccuper de son taux de natalité, et il y a de quoi.
Selon les estimations des démographes, la situation pourrait devenir catastrophique
d’ici 50-60 ans. Mais ce n’est pas tant la baisse du nombre d’habitants qui
inquiète, mais bien une population active restreinte qui dans le futur devra
subvenir aux besoins de la majorité : les retraités
“Si
l’on veut maintenir le nombre actuel d’habitants dans le pays (21,7 millions,
ndlr), chaque femme devrait avoir au moins deux enfants, dans le cas contraire
la Roumanie aura 16,7 millions d’habitants en 2050, 11,9 millions en 2075 et
seulement 8,5 millions en 2100. Il faut donc encourager les naissances par une
politique adaptée”,a déclaré mardi le président Traian Basescu lors de
la conférence internationale “Où va la population de la Roumanie”, organisée
par l’université Lucian Blaga de Sibiu. Un constat alarmant dû à plusieurs facteurs
: le vieillissement de la population, l’émigration des plus jeunes, un système
de santé médiocre. Sans parler de la mortalité infantile. A ce sujet, Traian
Basescu n’a pas hésité à réitérer que la Roumanie enregistrait “le
taux de mortalité infantile le plus élevé de l’Union européenne.”
Par ailleurs,
une étude rendue publique en début de semaine par le Fonds de l’Onu pour la
population et la Commission nationale pour la population et le développement
pointe du doigt un monde du travail qui ne prend pas suffisamment en compte
les difficultés des Roumaines désireuses de faire un enfant. Peu de crèches,
un partage du congé parental qui n’est pas pratiqué, très peu d’aides : rien
n’encourage les femmes à faire un enfant, d’autant qu’elles ne sont pas sûres
de retrouver leur travail après leur congé maternité. Une situation déjà dénoncée
il y a un an dans Lepetitjournal par Minedora Cliveti, présidente de la Comission
parlementaire pour l’égalité des chances (voir article
du 30 octobre 2006).
La
nécessité d’une politique de la démographie
Au-delà
des chiffres, c’est une véritable crise socio-économique qui attend le pays.
Car qui va payer les retraites de ceux qui ont aujourd’hui 40 ans, nés suite
à la politique nataliste radicale décrétée par Nicolae Ceausescu en 1966, obligeant
les femmes à avoir au moins quatre enfants ? En 2050, les prévisions estiment
que plus de la moitié de la population sera formée de retraités. “Le
problème est réel et le sera davantage dans 20, 25 ans, il faut une politique
de la démographie, insiste le sociologue Mircea Kivu, car
c’est la structure de la population qui est problématique (…) D’autre part,
il est bien connu que l’amélioration du niveau de vie ne garantit pas une hausse
de la fécondité, au contraire. C’est d’ailleurs la Moldavie, la région la plus
pauvre du pays, qui enregsitre le taux de natalité le plus élevé."
Peut-être
que l’obligation pour les 16-35 ans de souscrire à un fonds de retraite privé
depuis ce lundi est un pas vers la résolution du probléme. Mais cela ne sera
sans doute pas suffisant. A Sibiu, le président roumain a conclu en soutenant
que “la chute de la natalité est un sujet très
grave en Roumanie qui nous concerne tous : politiciens, l’Eglise, citoyens d’aujourd’hui
et de demain”.
Par
F.C. (www.lepetitjournal.com
- Bucarest) jeudi 20 septembre 2007